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Tuesday, 9 September 2008

Photos (II)

Après la cérémonie à la mairie, les nouveaux mariés, accompagnés d'une petite assemblée de quelques personnes vont se promener dans l'enceinte du Kremlin. Un cameramen et des photographes les suivent afin d'immortaliser de la façon la plus kitschissime possible le premier jour de leur vie commune.

Sur la Volga, une péniche.

Ici, le miel se mange nature, et est ramené directement de la datcha familiale.

Mon parapluie anglais connait enfin la pluie russe...


Journal de bord au rendez-vous


Edouard est effare devant l'etat de notre rue... (boue + sable + orties + chiens sauvages + pluie = que du bonheur !) heureusement, elle reprendra un aspect un peu plus normal quelques jours plus tard.

Photos (I)


Le Kremlin, vu de la Volga avec ses nombreuses eglises


Edouard, avec Ania et Katia, sur la plus grande rue commercante de Nijni-Novgorod.


Oksana, la jeune fille de ma famille d’accueil, adorable !


… Et Irina, la mere de ma famille d’accueil, avec Cherlyshka.


Prisonniers du Kremlin ! (starring Sasha et Katia)


Coucher de soleil sur la Volga, des hauteurs du Kremlin.


Friday, 5 September 2008

KUSHAIIIII-power : ou quand mes papilles scintillent de joie


Quand on parle de la cuisine russe, plusieurs mots barbares nous viennent а l’esprit : BORSH (soupe aux betteraves), BLINI (crepe а la russe), CAVIAR (ikra) et VODKA (pour les fins connaisseurs).

Eh bien, je souhaiterais partager ici mon ebahissement sans limite eprouve des mon premier repas а Nijni-Novgorod. La cuisine russe est loin d’etre monotone ; au contraire, elle est d’une intense variete. (par contre, bonjour les kilos : vous m’avez connue taille 38, je reviendrai taille sumo).

Contrairement а un repas francais, le repas russe est directement inspire du mouvement anarchiste. Hors de question que l’on s’abaisse а hierarchiser les differents plats (pourquoi l’un serait davantage « principal » que l’autre ? et pourquoi donc appeler « entree » ce qu’on peut aussi manger en fin de repas ?) ! Cela revient en fait а manger plusieurs plats principaux : par exemple, on commence par du SHI (soupe au chou) avec du KAPOUSTA (chou cru) puis on attaque les KOTLETT (boulettes de VNI - viande non identifiee) avec des MAKARONI (petits spaghettis de quelques centimetres, c’est ce que mangeaient principalement les russes pendant le chaos economique des annees 90) ou des PELMENI (raviolis a la viande). Puis arrive le dessert : raisin, ou ZIEFIR (marshmallows enrobes de chocolat) avec le traditionnel TCHAI (the).
Le dessert s’etire indefiniment, on papote, on mange а nouveau, on grignote, on oublie les regles elementaires de la dietetique et on s’adonne aux plaisirs du chocolat. Puis chacun vaque dans son coin, puis, une heure ou deux plus tard, il est temps de se retrouver autour d’un lait chaud ou fond le miel ramene par la baboushka lors de sa derniere expedition dans la datcha familiale.
Manger est une activite sociale, et ne se dissocie jamais du the : meme а la tele, а la fin de certaines emissions, on peut voir la personne invitee sur le plateau se faire servir du the et des PIROJKI (petits gateaux fourres aussi bien а la viande qu’aux cerises). S’asseoir et bavarder se fait avec the, ou ne se fera pas.

« ON MANGERA LES RESTES DEMAIN AU PTIT DEJ »
euh …

Tandis que le diner est un moment agreable, chaleureux, ou l’on se raconte les dernieres nouvelles avec enthousiasme, le petit-dejeuner est autrement plus traumatisant pour les petits Europeens. Alors qu’on s’attend а des tartines ou des cornflakes, on se retrouve а six heures du matin nez а nez avec des saucisses melangees au cafe, sans oublier le reste de la soupe d’hier-soir et du borsh en veux-tu-en-voilа. Tout cela peut tres bien s’accompagner de TVOROK (sorte de fromage blanc tres sucre et condense) et d’un chocolat chaud… Quand le sale rencontre le sucre, il le fait en Russie dans la plus grande confusion ! On s’y habitue neanmoins tres vite…
Manger enormement le matin est primordial а Nijni, car non seulement il faut affronter les trottoirs delabres et les marshrutki bondees, mais en plus le dejeuner est quasi inexistant : on achete quelques pirojki tout au plus… La morfale que je suis a du mal а faire son deuil de son lunch quotidien, ce qui fait que je m’attaque aussi aux specialites stop-fringale-help, tel que ce delicieux potage de legume couvert de fromage fondu et SMETANA (creme fraiche)…

Vkussno…

En bref, c’est une cuisine qui au premier abord parait simpliste, voire rustique, et qui revele а qui sait faire des efforts d’extraordinaires ressources et une inventivite sans egal : quand on sait que la plupart des plats russes ne sont constitues que de cinq-six varietes de legumes (dont la celebre KARTOSHKA – pomme de terre) et de lait.

Il s’agit bien sur d’observations tirees de ma propre experience : il se peut que cela differe selon les familles. Allez hop, а table, et promis, je vous fais un rapport complet de mon prochain festin.


BRAVER LA MORT POUR ALLER A L’UNIVERSITE : mon quotidien (non je ne dramatise pas)


Pour aller а l’universite, il suffit de s’armer de courage et de dix roubles. J’habite а la fin de la prospekt Gargarina, qui s’etend sur plus de dix kilometres d’embouteillage, oщ cohabitent Lada, Logan et autres voitures datant de l’вge de pierre, dans un joyeux concert klaxonphonique. Deux fois par jour, je risque ma vie et ma sante mentale dans une marshrutka.

Marsh… quoi ?? Il m’a fallu trois trajets pour comprendre la veritable nature de la marshrutka. Il s’agit d’une petite camionnette, appartenant а la Mafia locale selon les rumeurs, qui ressemble а un petit Combi venu tout droit de l’epoque hippie, Beatles et compagnie. Sauf que la realite est un peu moins technicolor. Imaginez-vous vingt а trente personnes pressees les unes contre les autres dans un peu moins de dix metres carres, tout cela roulant soit а 0,032 km/h (lors des gigantesques et effroyables embouteillages matinaux), soit а 90 km/h (le soir, et en freinant toutes les deux minutes, ce qui parait suicidaire quand on sait qu’on est debout et dans une veritable carcasse, digne d’etre recyclee par Wall-E.) Et comme si quinze minutes de cet enfer ne suffisaient pas pour donner la vocation campagnarde а la city girl que je suis, je dois supporter ce calvaire une heure, voire une heure et demie, deux fois par jour. C’est а vous faire rever du metro parisien aux heures de pointe !

N’importe quel russe realiserait ici que j’omets un detail important : comment aller jusqu’а l’arret que dessert la marshrutka. Au premier abord, cela parait simple. Vous connaissez le chemin jusqu’а la station. Vous savez qu’il vous faut а peu pres dix minutes. Vous voyez des femmes en talons partout, alors innocente petite touriste que vous etes, vous osez les ballerines en tweed, pensant qu’elles sortiront intactes de votre epopee. Mais а peine etes vous sortis que vous assiegent (dans l’ordre) : la pluie diluvienne, le chien du voisin (а moins que ce ne soit un de ces chiens sauvages qui rфdent partout, а l’affыt d’un bout de viande fraiche, ce que a priori vous etes malgre vous), la boue, et les gouffres qu’a creuse la pluie dans le goudron des rues. Si vous etes du genre la-chance-est-avec-moi (comme c’est mon cas), vous avez meme le droit а la rue en travaux. Or c’est la seule qui peut vous mener jusqu’а la marshrutka. A vous des lors les orties et les montagnes de sable а escalader : o joie !

Couverte de boue, de sueur, piquee et mordue de partout, vous arrivez enfin а l’universite. Quelques dizaines de magnifiques Russes vous toisent, perchees sur leurs talons incroyablement hauts, habillees а la derniere mode moscovite (comprenez : un melange de classe et de vulgarite, tout cela avec des jambes aussi longues que la prospekt Gargarina et des jupes aussi inexistantes que le sex-appeal des hommes russes.). Les commentaires vont bon train : « Tu crois que la boue sur les chaussures, c’est parce-que la tendance du moment а Paris c’est le cote dirty ? ».

La journee peut commencer…




NIJNI-HI-HI-HI


Le Bonjour de Russie, chers amis !

Autour de moi, des jeunes filles se tordent la cheville du haut de leurs talons vertigineux, les rares garcons presents sont plus laids les uns que les autres, et des centaines de baboushki se ruent vers les bus bondes et en piteux etat … pas de doute, je suis bien en Russie !

Et ceci depuis une semaine. Apres un court passage а Moscou, capitale enchanteresse, j’ai debarque а Nijni-Novgorod avec trente-deux kilos de bagages exactement et cinq heures de train а mon actif. Sur le quai de la gare m’attendait un veritable comite d’accueil des plus impressionnants : ma famille d’accueil et leurs amis, ainsi que les connaissances nijnoises de mes amis moscovites. Chacun s’est empare de mes valises et je me suis retrouvee, ni une ni deux, dans une Lada, roulant а toute allure sous la pluie, frolant le kremlin et les domes dores des eglises orthodoxes…
… direction 12, Ulitsa Joukova kv.53 indeks 6O3137. Ou plutot : 12 ул. Жукова Кв. 53 инд. 603137 Н.Новгород. (ca parait tout de suite moins comprehensible.)

Un mignon petit appartement, amenage а la russe mais moderne, m’attend avec le chat et le borsh qui avec. Ma famille russe se constitue d’une jeune fille de seize ans – Oksana -, et de sa mere – Irina -. Pendant les repas, j’ai le droit а une lecon de vocabulaire complete sur les ustensiles de la cuisine et divers mets culinaires made in Poutineland. Le matin, c’est au tour de la brosse а dent, du miroir, des habits de se russifier… Elles m’ont meme offert des post-it pour que je puisse les coller sur mes meubles afin d’apprendre leur signification en russe ! Si avec ca je ne progresse pas, je suis bonne pour le g.o.u.l.a.g estudiantin !