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Thursday, 3 December 2009

Interview avec DIDIER CHAUDET, réalisée le 30 novembre 2009, soit AVANT le discours d'Obama du 1er décembre


« OBAMA préfère sacrifier la cohérence de sa stratégie en Afghanistan plutôt que sa réélection. »


L’annonce de la nouvelle stratégie militaire de Barack Obama est l’occasion de faire le point sur la guerre en Afghanistan. Didier Chaudet, enseignant à Sciences Po et ancien chercheur à l’IFRI, explique pourquoi ce conflit est devenu en huit ans un bourbier dans lequel risque de s’enliser le président américain.

Selon un sondage de CNN, 62% des Américains considèrent que la guerre ne sera jamais gagnée en Afghanistan. Comment expliquer ce défaitisme ?

Certes, la situation est difficile, voire inquiétante en Afghanistan. Mais si l’opinion publique américaine tient pour acquise la défaite des Alliés, c’est avant tout parce que l’administration Bush lui avait présenté jusqu’à récemment la guerre comme gagnée. Dès 2002, le gouvernementa maquillé la réalité : chaque demi-défaite a été transformée en victoire décisive. Ainsi, fin 2002, l’Opération Anaconda, qui a souffert d’importantes d’erreurs de coordination, a été mis en avant par le Pentagone comme un succès de l’armée américaine. Et cela n’a été ni le premier ni le dernier mensonge de Georges Bush, dont la priorité est vite devenue la guerre en Irak.

En voyant l’Afghanistan disparaître de la Une des journaux, sauf lorsque de bonnes nouvelles tombaient, l’opinion publique américaine ena déduit que la guerre était sur le point d’y être gagnée. Avec l’arrivée de BarackObama, qui a choisi de ne plus mentir sur la situation en Afghanistan, les Américains sont tombés de haut : au moins un quart du pays est tenu par les Talibans et les positions des troupes américaines sont chaque jour menacées. On est loin de la victoire rapide promise par Bush.


Comment expliquer l’échec patent de la guerre menée par Bush ?


Après le choc des attentats du World Trade Center, l’ancien président des Etats-Unis ne pouvait faire autrement que promettre la tête de Ben Laden aux Américains. La guerre en Afghanistan a été décidée dans la précipitation et dans la méconnaissance la plus totale de ce pays. Dès le début, c’est une opération terrestre de grande envergure qui aurait dû être décidée, afin de démanteler les réseaux terroristes. Mais, aveuglé par la théorie de la guerre avec zéro mort – bien pratique pour conserver sa popularité –, Bush a opté pour des bombardements massifs dont les victimes étaient avant tout civiles. Ce qui a mis la population afghane à dos des Etats-Unis.

L’autre grave erreur de Bush a été de se détourner de l’Afghanistan très rapidement, pour l’Irak. Les troupes américaines stationnées en Afghanistan, aux effectifs déjà relativement peu nombreux, ont été déplacées en partie vers l’Irak, en prévision de cette guerre, puis pour tenter de stabiliser ce pays. Les positions des Etats-Unis ont été affaiblies ; les Talibans ont ainsi pu s’imposer de nouveau sur le terrain.

Mais la plus aberrante des erreurs stratégiques de l’ancien président est sans nul doute l’absence d’aides financières autres que militaires. Ce n’est que fin 2004, soit trois ans après le début du conflit afghan, que l’aide américaine s’est réellement fait sentir sur place. Il faut se rappeler que les Taliban ont totalement repris pied en Afghanistan début 2003…


Malgré les erreurs de son prédécesseur, Barack Obama peut-il encore espérer gagner la guerre ?


La force de la nouvelle stratégie d’Obama est d’avoir compris que le nerf de la guerre ne se trouve pas en Afghanistan mais au Pakistan. Ce dernier est dans une position très inconfortable : en cas de départ précipité des Américains, il se retrouve avec un voisin instable qui pourrait choisir de soutenir les Taliban pakistanais. On se retrouverait dans une situation classique de lutte nationaliste : les
Taliban afghans et pakistanais sont pachtounes, or la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan n'a jamais été accepté par le pouvoir afghan. Si certains membres des services secrets pakistanais semblent soutenir les Taliban contre Hamid Karzaï, c'est sans doute par simple patriotisme. Car, en admettant que le soutien pakistanais aux Taliban soit avéré, l’objectif des Pakistanais serait sans doute d'avoir un moyen de contrôle sur Kaboul en cas de désengagement des Américains. Le défi d’Obama est donc de rassurer le Pakistan sur la volonté américaine de mener le combat jusqu'au bout, ainsi que sur sa gestion de l’après-guerre.

L’envoi de 35 000 hommes en Afghanistan est-t-il un élément décisif ?

Bien qu’elle soit la plus cohérente à mes yeux, la stratégie contre-insurrectionnelle choisie par Obaman’a pas les moyens de réussir. Préconisée par le général de l’armée américaine Stanley McChrystal, elle consiste à augmenter les effectifs des troupes terrestres afin d’arrêter la progression des talibans. Or, ce n’est pas 40 000 hommes qu’il faudrait envoyer sur le terrain, mais le double, si l’on espère une action efficace ! Il faudrait également faire un effort accru de reconstruction et d’aide, en Afghanistan comme au Pakistan. Et lancer un processus de paix régional entre Inde, Pakistan, et Afghanistan, les problèmes sécuritaires en Asie du Sud étant tous connectés les uns aux autres. Mais Obama est dans une impasse à cause de l’Irak et de la réticence grandissante des Américains face à la guerre d’Afghanistan. Et comme tout homme politique, Obama préfère sacrifier la cohérence de sa stratégie plutôt que sa réélection.


A.LL.

Saturday, 28 November 2009

La stratégie énergétique de Poutine, financée par la France et l’UE

C’est un grand coup que s’apprête à frapper Vladimir Poutine. Alors que l’Union Européenne n’a toujours pas de stratégie énergétique claire, il lui propose de se rallier à celle de la Russie, qui serait pilotée par Gazprom… mais financée par l’UE.

Une proposition osée et pourtant immédiatement encensée par l’Union Européenne. La France, elle non plus, n’a pas résisté aux sirènes de la realpolitik énergétique. Vladimir Poutine, à Paris jeudi et vendredi, peut en être certain : sa visite sera fructueuse en contrats sonnants et trébuchants.

C’est GDF Suez qui a ouvert le feu : la multinationale française souhaite acquérir jusqu’à 9% du gazoduc North Stream, l’un des deux projets de Gazprom. Quant à Henri Proglio, l’actuel PDG d’EDF, il ne dirait pas non à 10% de participation dans le second, South Stream.

Pourquoi un tel empressement de la part de la France ? Après tout, seul 14% du gaz français vient de Russie. Mais cette dernière sait rendre une offre alléchante. Ainsi, GDF Suez se voit gratifié de contrats gaziers à long terme. TOTAL, pour sa part, est sur le point de décrocher un contrat en or : celui de l’exploitation des réserves d’Iamal, en Sibérie, véritable « entrepôt gazier ».

C’est aussi l’échec de la politique énergétique commune de l’Union Européenne qui pousse la France dans les bras de Poutine. Après avoir été pris en otage au cours de la crise du gaz entre l’Ukraine et la Russie, en janvier 2009, les pays membres ont échoué à trouver un consensus sur le projet du gazoduc Nabucco. « Mais d’où viendra le gaz ? », a martelé Poutine, insinuant ainsi que la Russie reste maître de cette précieuse ressource, même si elle est puisée en Asie centrale. Face à l’impossibilité de déloger l’ours russe du terrain énergétique, l’Union Européenne s’est vue obligée de coopérer avec Gazprom.

Un véritable soulagement pour les pays membres comme la Finlande, la Slovaquie ou les pays Baltes, qui dépendent à 100% du gaz russe. Un accord supplémentaire a été signé entre la Russie et l’Ukraine, mettant officiellement fin à la guerre du gaz.

La technologie et les financements européens font gravement défaut à Gazprom pour développer ses projets. En devenant actionnaires des gazoducs russes, les pays membres peuvent se féliciter d’avoir gagné un droit d’ingérence dans la politique énergétique de la Russie. Mais réussiront-ils à l’exercer ? Dans cette association avec l’Union Européenne, la Russie reste encore maître du jeu. Poutine peut déjà s'enorgueillir d’avoir unifié l’Union Européenne autour de ses intérêts.

Tuesday, 10 February 2009

Moscou, aouch ! (nouvelles du front)

[article sans accents, vive les claviers russes.]


Depuis que je suis gamine, je me projette reporter de guerre, flirtant avec les balles et les mots, jouant l'Albert Londres dans les rues de Gaza assiege et crapahutant dans les montagnes tchetchenes a la recherche d'authentiques boeviks a interviewer.

Malheureusement pour moi, il va falloir que je revoie mes ambitions a la baisse. Car cela fait a peine cinq jours que je vis dans un Obshejite russe, et deja, il me semble qu'il me faudra trois a quatre mois d'hospitalisation pour me remettre de cette experience.

Sans rire.

Comme parmi mes improbables lecteurs je me doute bien qu'il n'y ait pas que des russophones, je me permets d'eclairer le sens de ce mot obscur. Obshejite. Non, ce n'est pas un gros mot, mais cela pourrait l'etre. Il s'agit pourtant d'un foyer etudiant de tout ce qui a de plus convenable, sauf qu'il a ete construit selon les lois inherentes de l'ame russe.

Arrivee vendredi a l'aeroport, il est dix-neuf heures quand enfin je m'extirpe des embouteillages moscovites, ma valise de 24 kilos sous le bras et un brave etudiant du HCE sous l'autre. Klavdia (dont je tairai le patronyme) est la matrone du foyer et m'accueille avec une foule de reproches, tout en me refusant l'entree pour cause de non-possession du fameux 'propusk', graal qui aurait du m'etre remis par mon responsable d'etudes, et qui ne l'a pas ete. (sinon ce ne serait pas drole). Peu importe, car voila Klavdia qui deja se calme, radoucie par la boite de chocolats que j'ai pris soin de ramener. On s'installe donc dans son bureau, pour attendre que ma chere colocataire, Aishat de son prenom et tchetchene de sa nationalite, daigne rentrer et ouvrir la porte (il n'y a qu'un seul set de cle).

Minuit arrive et la demoiselle n'est toujours pas rentree. Dans mon for interieur, je me rejouis : chouette chouette chouette, une Russe festive qui va me montrer toutes les arcades du Moscou nocturne ! Mais debarque alors le frere de Aishat, grand, fort, viril comme les tchetchenes de la television russe, et aussi brun que mon Nesquik matinal mais legerement moins cremeux. En effet, Aziz commence par s'insurger que ce soit une "occidentale" cohabite avec sa soeur, au risque de la contaminer par sa conduite "vicieuse" (je cite, le brave garcon croyant que je ne comprenais pas le russe). Ambiance.

Comme il a les cles (nous partageons le frigidaire), je peux enfin poser mes valises et songer a me reposer de mes aventures. Mais a peine la porte s'ouvre qu'une terrible puanteur parvient a nos delicates narines. Ma brave colocataire est partie en vacances pour un mois, laissant des bassines de vaisselle sale et de linge moisi. Sans oublier les cinquante-et-une paires de chaussures - et autant de boites - qui se cachent dans les moindres recoins possibles. Tout cela dans treize metres carres. Heureusement que ladite colocataire n'est pas encore la pour occuper ses 6,5 metres carres reglementaires !

Bref, il est trois heures du matin lorsqu'avec l'aide d'Aziz, nous avons donne un semblant de proprete au taudis qui se trouvait etre ma chambre. Le lendemain, grace a la force de ses muscles, nous avons pu bouger frigo, bureau, et lits superposes, en survivant a six avalanches de boites a chaussures agressives. Et la chambre est devenue vivable, a condition que Aishat ne s'insurge pas a son retour que ses dizaines de nounours vivent leur vie de peluches sous le lit.

Malheureusement, si rentrer dans la chambre 236 n'etait plus un supplice, ce n'etait pas encore le cas du foyer. Situe a trente minutes de metro du centre, et a une heure de mon universite (avec changement), il me faut de plus quinze (sans talons) a vingt (avec talons) minutes pour atteindre ma station de metro et encore un bon quart d'heure de marche jusqu'a mon universite. Faites le calcul. Eh oui, pas moins d'une heure quarante de trajet ! Et aucune marshrutka, aucun bus ou tramway pour alleger mon parcours devenu celui du combattant pour cause de verglas intempestif et temperatures frisquettes. Ce foyer a reussi l'exploit de me convaincre qu'a Nijni-Novgorod, je beneficiais d'infrastructures de transport exceptionnelles.

Quand enfin, je reussis a rentrer avant l'heure de fermeture du foyer (de 01h a 06h), d'autres epreuves m'attendent. Le voisin du dessous qui se prend pour un apprenti DJ et qui a decide que le show musical commencerait a 01h du matin (quand il rentre du travail) et se ferait avec enceintes a vibrations (contre lesquelles meme mes boules quies pour la F1 sont impuissantes). Le voisin du dessus qui a emmenage avec sa petite copine et qui a de folles envies de copulation tous les matins a 04h, - initiatives qui plaisent apparemment beaucoup a la jeune fille. Et quand enfin, ces etres malfaisants decident de se taire, c'est le corridor entier qui se reveille et qui chahute dans la cuisine ou les toilettes. Ou bien c'est mon frigo qui, angoisse par tant de soudain silence, decide de m'emerveiller par son chant gastrique. O joie !

En bref, voila quatre nuits que je n'ai pu dormir qu'a raison de trois heures chaque nuit. Ce qui explique peut-etre pourquoi je me trouve dans l'incapacite de vous faire l'eloge de la vie en communaute estudiantine, et de mettre un mouchoir (une nappe serait plus adaptee) sur ces insomnies a repetition.


Enfin, les visites d'appartement moscovites commencent ce soir, souhaitez moi bonne chance ! Et puisque les statistiques de visite de ce b.l.o.g me semblent plus que satisfaisantes (jusqu'a 100 personnes par semaine! merci a tous !), je me permets une petite annonce a caractere lucratif.



JEUNE FILLE SUPER SYMPA ET TRES RESPONSABLE
ravissante, etudiante a Sciences PO Paris, propre sur soi et dans la cuisine
CHERCHE APPARTEMENT CENTRAL A MOSCOU
c'est-a-dire dans le premier anneau, ou sur la ligne verte
UNE OU DEUX PIECES
car je cherche aussi potentielle colocataire, russo/franco/anglophone
A MOINS DE DIX MINUTES DU METRO
a pied ou en transport
LOYER MENSUEL : de 300$ a 400 $
(a doubler si colocataire se manifeste)


Faites passer le message autour de vous... sauvez moi !
anaisllobet@hotmail.com
ou +7 965 138 25 93






Sinon, je vous promets tres bientot un petit article sur mes recentes discussions avec Aziz. Car ce garcon s'est avere etre finalement adorable, tres accueillant et passionnant dans ses discussions sur la Tchetchenie et la Russie. En realite, la seule chose qui me manquera de ce foyer, ce sont ces personnes extremement gentilles qui habitent dans mon corridor et qui n'ont pas hesite a me tendre la main, un paquet de pates ou un seche-cheveux selon les occasions.


Et pour finir, l'anecdote du jour...
Ma station de metro : station Moteur d'Avion
Le nom de ma rue : rue Energetique
Le grand axe routier a cote : chaussee Enthousiaste.
Ah, ca, ils savaient motiver les ouvriers paresseux, ces sovietiques.




Monday, 20 October 2008

Я - русская девушка. Да-ДА.

Depuis quelques mois, ma métamorphose en русская девушка devient de plus en plus notable. Elle a d'ailleurs atteint son apothéose lors de l'achat samedi dernier de bottes qui sont l'apanage de toute jeune fille (russe) qui se respecte.
Je vous laisse donc juger par vous-mêmes de ma transmutation en produit local. Ne prenez pas ça pour du narcissisme, car bien au contraire, il s'agit ici d'un acte des plus altruistes, puisque je souhaite éviter à chacun de vous un trop grand choc lors de mon retour en Europe.





Bande-son : я устал, de Quest Pistols, chanson dont le comique des lyrics n'égale que son succès sur les platines du DJ.

Friday, 5 September 2008

NIJNI-HI-HI-HI


Le Bonjour de Russie, chers amis !

Autour de moi, des jeunes filles se tordent la cheville du haut de leurs talons vertigineux, les rares garcons presents sont plus laids les uns que les autres, et des centaines de baboushki se ruent vers les bus bondes et en piteux etat … pas de doute, je suis bien en Russie !

Et ceci depuis une semaine. Apres un court passage а Moscou, capitale enchanteresse, j’ai debarque а Nijni-Novgorod avec trente-deux kilos de bagages exactement et cinq heures de train а mon actif. Sur le quai de la gare m’attendait un veritable comite d’accueil des plus impressionnants : ma famille d’accueil et leurs amis, ainsi que les connaissances nijnoises de mes amis moscovites. Chacun s’est empare de mes valises et je me suis retrouvee, ni une ni deux, dans une Lada, roulant а toute allure sous la pluie, frolant le kremlin et les domes dores des eglises orthodoxes…
… direction 12, Ulitsa Joukova kv.53 indeks 6O3137. Ou plutot : 12 ул. Жукова Кв. 53 инд. 603137 Н.Новгород. (ca parait tout de suite moins comprehensible.)

Un mignon petit appartement, amenage а la russe mais moderne, m’attend avec le chat et le borsh qui avec. Ma famille russe se constitue d’une jeune fille de seize ans – Oksana -, et de sa mere – Irina -. Pendant les repas, j’ai le droit а une lecon de vocabulaire complete sur les ustensiles de la cuisine et divers mets culinaires made in Poutineland. Le matin, c’est au tour de la brosse а dent, du miroir, des habits de se russifier… Elles m’ont meme offert des post-it pour que je puisse les coller sur mes meubles afin d’apprendre leur signification en russe ! Si avec ca je ne progresse pas, je suis bonne pour le g.o.u.l.a.g estudiantin !




Tuesday, 29 July 2008

Derniere Minute

VISA (presque) DANS LA POCHE POUR LA JEUNE ANAIS
29 juillet 2008



LONDRES (AFP) - L'Ambassade de la Federation de Russie a finalement delivre un visa de trois mois a Anais XX, le 28 juillet a 16h24, a-t-on appris de source diplomatique.

"Nous avons longuement hesite, etant donne ses penchants pour la rebellattitude made in Tch., mais apres quelques coups de fil a Dmitri et Vladimir, nous avons opte pour un limited visa, ce qui permettra de reduire les risques.", a declare un haut-fonctionnaire russe.

La jeune etudiante, soutenue par la Communaute Internationale, s'est offusquee a ces propos. "Je pars pour un an en Russie et malgre le fait que tous mes papiers soient en regle, on ne me donne qu'un miserable petit visa de trois mois ! (...) Il va falloir que j'apprenne mes declinaisons a la vitesse de l'eclair pour pouvoir communiquer avec le prepose au visa de Nijni ! (...) C'est inhumain d'imposer un tel stress a la frele jeune que je suis ! (...)"

.[Pour ceux qui nous en voudraient de couper ici le larmoyant - et incoherent - discours de la victime, nous vous rappelons que ceci est une depeche AFP et non pas une tribune politique.]
Le visa attribue a la future Nijni-Novgorodienne est de fait de trois mois uniquement, a renouveller sur place, ce qui a provoque de vives emotions au sein du CASA (Comite d'Aide et de Soutien a Anais). Pour Gordon Brown, membre du comite, il s'agit "d'une nouvelle tentative de la part du duo Medvedev-Poutine de laisser Anais patauger dans la bureaucratie russe jusqu'au bout." Au contraire, pour Corto Maltese, membre honorifique de l'AVPJ (Association pour un Visa Plus Juste), ce visa de trois mois ressemblerait davantage a "une volonte d'autonomiser davantage Anais et de lui donner le sens des realites, par la confrontation en live des services publics russes."

Une manifestation de soutien est prevue par la CASA le samedi 2 aout a 14h, devant l'Ambassade de la Federation de Russie a Londres.




Les Faits :
- Un mois de dur labeur pour constituer toutes les preuves de ma probite citoyenne, majoritairement fait par une adorable maman... (ouh ouh, elle est ou cette soit-disante Independent Woman que je me targue d'etre ?)
- Une heure d'attente et de bavargade sous un soleil rayonnant, avec pour resultat, la constitution d'une chouette anthologie de cartes de visite (mes voisins etaient tous des businessmen aguerris)
- Un serieux crush sur le gars de derriere le comptoir. Mais une vitre et tout un monde nous separent, alors...
- Un visa fait en 7h30 chrono pour £50, avec des sourires made in Russia partout !
- BREF : des fonctionaires russes aux petits soins et adorables, et en plus efficaces !
- Seul ombre au tableau : je dois renouveller mon visa sitot arrivee dans la douce ville de Nijni Novgorod.

.


Vous aurez donc le droit a un nouveau match "Anais vs. la bureaucratie russe". Faites vos paris...

Thursday, 24 July 2008

{Stage a Publicis UK}




Certains le savaient, d'autres le soupconnaient a force de me voir trainer sept heures par jour sur Fessedebrebis et autres hijackers de la jeunesse.




Je suis en stage. Du 30 juin jusqu'au 1er aout, a Publicis Londres.




Et c'est le moult great. Non seulement il s'agit d'une immersion complete dans le monde etrange des Anglo-Saxons, mais en plus, j'apprends tout ce qui se passe dans cette formidable entreprise de stimulation du desir de consommation.


J'ai du mettre tous mes principes a la porte. Comment ca, un 4x4 ca pollue ? Comment ca, il faut lutter contre l'obesite infantile ? Peu importe, car il faut vendre, faire croire aux gens que leur Koleos changera leur vie et que les Cadburys qu'ils ingurgiteront n'auront aucun effet sur leur poids.


Malgre tous les reproches que nous oppose notre conscience (laissez moi rire), l'ambiance dans l'equipe Renault est fabuleuse. Les concours de pate a modeler se succedent aux bowlings (a coups de roues gracieusement offertes par notre client), sans oublier les fous rires qui implosent ici et la, et les bagarres de chatouilles entre L. et D. Mais n'allez pas croire que nous ne faisons rien. Moi par exemple, je m'applique chaque jour a essayer avec des post-it roules en boule de viser au front H., mon cher voisin d'en face. Lui est stagiaire depuis huit mois, donc forcement, il y arrive mieux que moi.


Plus serieusement, j'ai recemment eu l'occasion de faire (roulement de tambours...) :


- Une Competitor review et recherche de strategie sur les social networking medias. En bref, je devais m'infiltrer dans Facebook, Bebo, Myspace et analyser comment les mechants (Toyota, Honda, BMW, Audi, Citroen et Peugeot) gerait leur publicite dans les reseaux sociaux. Puis je devais tenter de definir la strategie publicitaire de Publicis dans le domaine.


- Du the. Je sais maintenant tenir sept tasses de the brulant en meme temps.


- Un case study sur Ford Kuga. J'aime pas cette voiture. D'abord, elle pollue plus que n'importe quel 4x4. Mais en plus leur pub est crispante.


- Du cafe. Cappucino, espresso, simple ou allonge ? Deux sucres, quatre sucres ? Avec tartine beurree ?


- Et en ce moment, un projet assez important (enfin, pour une stagiaire, bien entendu) dont je ne peux reveler la nature, car le net a des oreilles... (comment ca, je me donne des airs importants ?)






Bref, c'est folichon a Publicis. J'ai eu la chance de tomber sur A-F, ma "Line Manager". Adorable, drole et dynamique, elle m'a tout de suite mise a l'aise dans le milieu de la pub dont, pourtant, je ne connaissais pas grand chose. H. a aussi ete une benediction dans la mesure ou il est toujours de bonne humeur et a un assez bon gout en musique.


Le seul bemol serait les horaires : 9h30-5h30, avec une heure de pause-dejeuner. Forcer les stagiaires a se lever a huit heures est un sadisme sans bornes que se devrait de condamner le TPI immediatement.




*** Oh et joie ! J'ai pu etablir un contact MSNique avec la fille de ma future logeuse russe. Elle s'appelle Oksana Ctoniakina, a seize ans, habite a trente minutes de mon universite et viendra me chercher a la gare. Un jeune fille fort sympathique, pleine de patience envers mes innombrables fautes de russe... (car OUI, j'ai tchate en russe. Unbelievable...)


Wednesday, 16 July 2008

London is burning !!


Londres peut etre une jungle dangereuse pour l'innocent touriste francais qui est venu admirer le Big Ben. Comme je sais que beaucoup d'entre vous ont en vue de squatter chez moi, je me permets d'etablir un petit guide a l'usage des froggies anglophiles.


Les 10 commandements de la vie a Londres


1/Au placard vous mettrez vos peurs irraisonnes d'attentats terroristes, de metro hantes, de conducteurs fous. Car prendre le metro ici releve de l'epopee. Vous aurez a affronter d'intenses moments de solitudes (cela fait douze minutes et quarante secondes que la Circle line n'a pas pointe son bout du nez et c'est exactement dans une minutes et dix secondes que votre stage commence), des haut-parleurs autoritaires et surexcites ("stand out the door, staaaaand ouuut the dooor for god sake!!") ou encore des conducteurs un peu depasses ("Ladies and Gentlemen, I apologize for the delay. The train will move when.. eur... eur... it's moving ??!!"). Tout cela presse entre deux aisselles nauseabondes.


2/Sur la biere, tous vos a priori vous oublierez. Non, cela ne fait pas grossir et gonfler la panse prematurement, mais au contraire amincit votre silhouette de reine et donne un nouveau eclat a votre teint. Si si. Et chez les hommes, c'est le comble de la sexytude que de faire un detour par le pub avant de rentrer au bercail. On vous proposera d'aller boire un coup au moins une fois par jour (ou alors c'est que mon entourage est vraiment porte sur la chose). Gare a vous si vous refusez : vous finirez seul a 56 ans, dans une maison vide, un verre de vodka a la main. Mieux vaut se mettre a la biere tout de suite, se faire un max d'amis anglais et terminer dans une maison de retraite tous ensemble, une London Pride sur les genoux.


3/ Au regime vous vous mettrez des l'eurostar. De toute facon, a part si, comme moi, vous avez l'immense chance de vivre chez vos parents, vous n'avez pas les moyens de vous payer a manger. SAUF si vous etes friands des plats rerererechauffes a 1.5£ a Camden Town. Conseil d'ami(e) : ne tentez pas les japonais de Chalk Farm, et allez mollo sur les donuts. Lucile, Anne et Olivier confirmeront.


4/ Tot vous sortirez, afin de depenser moins. Car avant onze heures, voire minuit pour les plus clementes, les boites londoniennes proposent des tarifs a demi-prix, ce qui est une offre affriolante quand on sait que l'ambiance sera neanmoins au rendez-vous. Des dix heures, les pistes de danse sont remplies et l'alcool coule deja a flot. La tradition festive des Rosbeefs differe legerement de celle des Frenchies. C'est du moins ce que j'ai appris lors de mon infiltration chez eux. Ainsi, ils sortent du travail vers 6h, puis s'engouffrent tous dans les pubs, et quand ceux-ci ferment (10h30, 11h30 pour certains), ils sautent dans le premier metro pour aller danser la polka au Koko, au Heaven, au Walkabout, etc...


5/Des soldes vous profiterez. Londres est la capitale mondiale du shopping. Quand les vitrines laissent tomber les banales decorations pour les splendides affiches "SALES", la ville toute entiere se dechaine. Porte-monnaies, hormones, rien ne resiste a l'ouragan de la consommation. Et les victimes sont nombreuses. Une de mes connaissances (je tairai son nom), fraichement arrivee sur le sol anglais, a ainsi depense deux mille euros en une semaine. Et se retrouve a travailler six jours sur sept a Paul pour la fin de son ete. Pas tres malin. Pour la serial shoppeuse que je suis, avoir son stage en periode de soldes, a deux pas de Oxford St, ET sa maison a une foulee de High Street Kensington, transforme Londres en l'Ile de la Tentation, puissance Koh Lanta.


6/Le bus vous prendrez. C'est le seul moyen de connaitre par coeur cette ville tentaculaire et de ne pas se retrouver a 5h du matin a Trafalgar square, avec un mollusque pour seule compagnie (il se reconnaitra), sans savoir comment retrouver votre sweet home. Se rappeler l'itineraire du petit bus rouge est alors la meilleure facon de s'en sortir !


7/ Le temps d'une soiree, gay vous serez. Ou paraitrez : loin de moi l'idee de vous forcer a vous homosexualiser. Mais il est un fait indeniable a Londres : les meilleurs clubs sont les clubs GAYS. Si vous etes une fille, vous aurez le travail harassant de supporter les attaques des heterosexuels perdus comme vous. Vous devrez aussi accepter d'avoir deux fois plus de rival(e)s que d'habitude pour le petit brun que vous avez repere. Mais a vous les douces visions de magnifiques echantillons masculins, l'impression d'etre la seule fille de la salle, sans oublier que le dress code est torse nu...


8/ Les tabloids vous lirez. Cela fait partie de la vie quotidienne anglaise. Et malgre toutes vos reticences a l'idee de passer un quart d'heure a apprendre que Mlle Smith a passe une journee avec une chauve-souris dans le soutien-gorge sans s'en rendre compte, ou encore qu'une femme est morte il y a six mois parce qu'elle avait pris un cachet et demi en trop de paracetamol (ce genre d'inepties est capable de faire la Une), vous deviendrez tres vite accro. Non seulement vous vous ruerez sur le petit gars qui les distribue au coin de la rue, mais en plus, vous les lirez publiquement, sans honte, en vous resignant au fait que votre cerveau se mette maintenant en veille automatiquement sitot le tabloid dans les mains. C'est devenu votre raison de vivre (dans le metro).


9/ Du thé vous boirez. Car boire quatre tasses de cafe par jour fait tomber vos cheveux plus rapidement et reduit de 1/4 vos chances d'avoir un bebe (passionnant n'est ce pas). Les Anglais ont bien compris que la calvitie et la sterilite etait l'ennemi d'une nation prospere : ils ont alors invente le THE. Et malgre tout ce qu'on nous raconte depuis notre enfance, ce n'est pas si mauvais. C'est meme delicieux et assez exotique lorsqu'on ose le the au blueberry, ginseng et papaye. Par contre, il vous faut des la premiere gorgee apprendre les indenombrables commandements du the. Pour l'instant j'en connais un : quand on verse le lait dans le the, ne pas s'etonner de l'atroce couleur que cela prend. C'est normal, parait-il.


10/ Aux couteaux vous vous mettrez : c'est topmega fashion a Londres en ce moment. Et on ne sait jamais, ca peut vous proteger contre les immondes chauve-souris qui se cachent dans les soutien-gorges.

Tuesday, 15 July 2008

SansAccents


SANS ACCENTS, mais pourquoi donc ?

SansAccents, cela veut bien dire que toute personne s'offusquant de l'absence des petits traits donnant sa vitalite a la langue francaise, se verra confisquee tout droit de sejour sur mon b.l.o.g.

Pourquoi tant de hargne envers les accents ? Tout simplement parce que les claviers (anglais, russes, tcheques, finnois...) sur lesquels je tape mes monologues incessants, sont resolument anti-accents.

Leur fanatisme a pourtant ses limites : en effet, je peux vous annoncer avec bonheur et soulagement que j'ai compris comment on faisait les "é", au bout de quelques semaines de recherches fastidieuses.

Et pourtant... vous ne verrez aucun "é" sur ce b.l.o.g, car, enfin, voyons, tant qu'a refuser les accents, autant ne faire aucune discrimation dans notre procedure raciste et opter pour leur exclusion massive et systematique.

Les (petites) histoires d'Anais, c'est qui celle-la d'abord ?

Vous me connaissez forcement, autrement vous ne seriez pas en train de fouiner dans ma vie privee (que j'exhibe, je vous l'accorde). Vous etes un ami, un proche, un friend fessedebrebis, un collegue, une vague connaissance, et vous avez tous eu le droit, sans exception a un discours de trente-sept minutes exactement sur la Russie et ses enjeux actuels de ma part.

A force de me cotoyer, vous connaissez par coeur le nombre de morts a Beslan, les dix plus grosses fortunes de Russie, leurs proces en cours, les horreurs poutiniennes, et vous pourriez vous aussi monologuer cinq heures durant sur la Tchetchenie, un Conflit Oublie. (surtout si vous etes venus a ma conference).

Et vous n'avez qu'une hate : voir si les reves et les fantaisies d'Anais vont battre de l'aile une fois installes sur le sol russe. Va-t-elle enfin reussir a maitriser les declinaisons russes ? Participera-t-elle aux manifestations des opposants russes, au grand dam de ses parents ? Ecrira-t-elle, comme elle vous l'a promis, regulierement sur ce b.l.o.g ? Reviendra-t-elle des octobre a Londres, en pleurant toutes les larmes de son corps parce qu' "il fait trop froid en Russie" ?

Vous l'avez remarque, j'adore parler de moi a la troisieme personne. C'est terriblement chic. Mais le pire demeure que je n'ai, en plus, toujours pas repondu a votre question, kiai-anais.

QUI SUIS JE

Kiswij? Une etudiante a Sciences PO Paris, blonde avec lunettes et lentilles-quand-elle-sort, passionnee par la Russie, le journalisme, les relations internationales, les frozen conflicts (Kosovo, Abkhazie, Ossetie du Sud, Transnitrie, ... et la Tchetchenie qui est a mon sens est devenu un frozen conflict).
C'est parti pour l'autobiographie, apres tout, il faut avouer que c'est follement jouissif de parler de soi !

Nee en 19XX (hohoho) a Lisboa, Portugal, la petite Anais demenage des sa premiere annee a Bossum, The Netherlands. Non seulement elle y contracte une blondeur incurable mais en plus, un petit frere nomme Paul lui est obligeamment fourni par ses adorables geniteurs.

A deux ans et demi, rebelote, c'est parti pour l'Italie ou, la-aussi, sacres parents, on lui pond une petite soeur, Marie. Desormais dotee d'un solide bagage culturel (pizza, kusjes, zucchini, Chateaubriand, ik hou van je, et autres folies), elle s'envole a huit ans direction... la France. Ah tout de suite, c'est moins drole et exotique n'est ce pas ?

Heureusement, le Grand Guru de Renault (le bonhomme qui s'occupe des expatries a toujours revetu a mes yeux une aura mystique : "le monsieur a dit que Papa devait partir", c'est un peu le meme processus que St. Gab qui annonce a Marie qu'elle est enceinte, n'est ce pas ?) nous envoie direction l'Argentine, qui n'attend plus que nous.

Mais la crise de 2001 (revisez vos classiques si vous ne me comprenez pas) nous force a rentrer plus tot que prevu pour les Pays-Bas, a La Haye cette fois. Pour ma terminale, histoire de rendre les choses plus droles, nous demenageons en France... avant de, dix mois plus tard, remballer les cartons et les envoyer fissa a Londres. = Here I am !
Apres un an d'Hypokhagne a Victor Duruy et au foyer Therese Chappuis, je reussis (enfin!) mon concours d'entree a Sciences PO. Voila donc un an que j'etudie a Paris et vis a Londres.

OU VAIS JE ?

Uvaij? A Sciences PO, nous avons l'obligation de partir une annee a l'etranger, voire deux pour ceux qui optent pour un double-diplome. Dans un mois, je partirais donc direction Nijni Novgorod, Gorki pour ceux qui ont des problemes de calvitie car sont assez vieux pour avoir connu l'URSS, de septembre a decembre 2008. Retour ensuite pour un mois a Londres. Des fevrier, ce sera le tour de Moscou de m'accueillir, moi et mes declinaisons russes enfin maitrisees, au HSE (High School of Economics).


POURQUOI UN b.l.o.g ?

Depuis quand avons-nous besoin d'une raison valable pour etaler notre quotidien aux yeux de quelques internautes errants ?

Plus serieusement, il s'agit ici de centraliser la demande de nouvelles du front : plutot que d'envoyer un mail a chacun d'entre vous, o chers et tendres, je vous donnerai rendez vous sur ce b.l.o.g de temps en temps. Les photos et les recits de mon epopee russe seront d'autant plus interactifs que je vous laisserais parfois maitres de ma vie.

Exemple type: Anais a en perspective un week end neigeux et ennuyeux puissance maximale. Que lui conseillez-vous ?

A/ Attrape un train et va faire un tour en Siberie. Les steppes enneigees avec les ours qui dansent sur le son de la balalaika, ca redonnerait la peche a un suicidaire.

B/ Drague l'oligarque du coin, demande lui de t'offrir un private jet et va faire un tour aux Bahamas. Au moins a ton retour tu seras si bronzee qu'on ne risquera plus de te confondre avec la neige.

C/ Tu n'avais pas des declinaisons russes a apprendre ? Eh bien voila, c'est l'occasion revee !

Votez A, B ou C. Si vous avez d'autres solutions, n'hesitez pas. Je suis une fille tres ouverte.



Sur ce, chers compagnons de routes, me voila obligee d'interrompre ici cette logorrhee verbale. Eh oui, j'ai un stage et une vie sociale a tenir ! Avec ou sans accents.
Mon ancien blog : RUSSIA TODAY
(il est trop le moult bueno)